Demandez à un mec de vous repecter, et...

Publié le par Lili Bernard

S'il ne s'excuse pas tout de suite d'avoir - malencontreusement- omis de le faire, droppez.

 

Si un mec va trop loin avec vous (ladies), dans ses mots, dans ses gestes, dans ses actes, et dans ses insinuations, il faut dire stop.

Et non, ça n'est pas parce-que vous avez flirté avant, ou rien dit avant, qu'il ne faut pas dire stop. Si vous ne vous sentez pas respectée, une seule petite fois, ou à plusieurs reprises, c'est le moment de le faire.

 

JE VOUS PREVIENS:

Si vous dîtes stop aux cochonneries d'un mec, voilà ce qu'il va fort probablement vous rétorquer:

"- Ah mais pas du tout, tu te fais vraiment des idées! "

"- Pas du tout, je n'ai pas voulu dire ça".

Et c'est là que ça devient intéressant (savourez ça..): si le mec vous répond à:

"- Excuse-moi (polie la meuf. Zappez le excuse-moi), mais je voulais te dire que là ça va un peu trop loin pour moi",

par:

"- Oh mais TU...."

Là, bingo, c'est que vous avez frappé à la bonne porte: celle du mec qui se croit tout permis, sait très bien qu'il a été trop loin, et n'assume pas.

 

Je viens de revivre l'expérience, et je vous raconte dans un instant, mais d'abord une autre, certainement plus parlante...parce-que c'était avec mon propre beau-père: le mari de ma mère, l'homme qui m'a éduquée.

(Et il n'y a pas eu que lui)

Un jour où, adulte, je dormais chez lui, il s'est mis à recommencer à chercher à me tâter. Me peloter, soyons clairs. Sous le prétexte de :

" - Mais regarde, t'es toute maigre, où sont tes seins? (touch touch). Roh mais c'est bon je rigole (avec les mains?)"

Alors pour ceux qui seraient novices en matière de dépassement de limites, ici hommes-femmes, et en famille: un homme, ni un père, ni un frère ne parle des seins ou de tous autres parties de l'anatomie, et surtout pas sexuée, d'une femme de sa famille, NI d'une femme tout court.

Les limites, c'est bien messieurs. Une jolie plaisanterie-compliment de temps en temps, mais sur une couleur qui nous va bien, ou sur le fait qu'on a l'air en forme, ou soyez simple, qu'on est toute belle aujourd'hui, suffira. Merci bien.

Quand j'ai trouvé le courage de me relever de mon lit où je venais d'aller me coucher, chez mon beau-père, parce-qu'il y avait vraiment un truc trouble que je voulais dépasser, et me sentais mal, je suis allée le voir pour lui dire:

"- STP, ne me touche plus jamais les seins ou le cul."

Il m'a répondu:

"- Arrête (ce qui est une autre forme de "tu") de vouloir toujours tout diriger".

ça s'appelle CULPABILISER l'autre. Ils n'ont pas besoin de réfléchir pour faire ça: ça vient tout seul, et ils ne s'en  rendent même pas compte. Et je ne parle pas que des hommes et du contexte sexué, mais de toute personne qui se sent mal, et NE VEUT PAS ENTENDRE ce que vous avez à lui dire, that is: tu as dépassé la limite, arrête.

 

Ceci étant dit, aujourd'hui, je viens de vivre une expérience similaire ( pas qu'il n'y en ait pas eu entre temps). Et alors que je mourrais de chaud dans un magasin, et que je disais:

"- Woaw, il faut vraiment chaud ici", j'ai eu ce retour d'un homme, qui se permet malheureusement trop souvent des remarques, super limites.

Droit en face de moi, en me regardant bien, et en souriant, il a dit:

"- Tu es en chaleur?".

Et j'ai répondu, pas en souriant, et pas en plaisantant:

"- Woaw, les mecs, ça suffit".

Et ça a suffi.

Mais dans l'après-midi, j'ai repensé à ce qu'il m'avait dit, et en fait, avec le recul, c'était trop.

Trop vulgaire, trop grossier, trop déplacé. Trop pour laisser passé, encore une fois. Même si je suis sympathique et qu'on parle tranquillement ensemble, souvent: je ne suis pas une pute de service. Un objet à fantasme sexuel (et vous savez quoi les gars, même si on veut bien flirter un peu, ou pas, et passer sur vos remarques limites, assez souvent, et bien, on a quand même des limites. Et oui. Enfin, j'espère que vous le savez, les femmes).

Je viens d'appeler ce mec, et je lui ai dit très calmement:

"- Hello, je ne te dérange pas? Dis, je repensais à cette remarque que tu m'as faite tout à l'heure : " - T'es en chaleur". Et vraiment je n'ai pas aimé, c'est trop pour moi.

- Roh mais pourquoi TU...."

Ai-je seulement noté la suite? (oui, je l'ai fait!) mais BINGO! Again!

C'était une imposition de limites qui était bien justifiée, puisqu'elle a reçu en retour un râlement rabaissant et un "TU".

Et il était grand temps de la mettre, parce-que quand on est dans la déni à ce point, on est à deux doigts d'également parler salement de vous. Pas qu'on puisse empêché les crades de le faire, mais de le faire, et donc de se donner le droit, ensuite, de vous parler comme ça devant tout le monde: NIET. Pas chez moi.

"- Oh, mais pourquoi tu me ramènes à ça?"

Très parlant comme réponse, non?

"- Oh tu sais, je suis encore mal à l'aise de ce que tu as dit, et je me disais que c'était trop, trop souvent. Et tu sais quand tu me disais qu'il y avait beaucoup d'hormones mâles dans l'air? Et bien, peut-être, mais j'espère que vous ne pensez pas, tous, que parce-que je suis sympa et gaie, je suis votre pute de service."

 

Je n'ai pas reçu d'excuses. J'ai reçu un " je n'y manquerai pas." Allez savoir ce que ça peut bien couloir dire, en réponse à ma phrase. Peut-être:

"- Ben là, je suis trop géné, je vais te répondre n'importe quoi pour clore la conversation".

Les excuses auraient été bien à ce stade. Simplement d'avoir offensé l'autre.

 

Re-Soyons Clairs:

ON PEUT ETRE AMIE et dire STOP.

ON PEUT ETRE FEMME/ EPOUSE et dire STOP.

ON PEUT ETRE EMPLOYEE, et dire STOP.

On PEUT ETRE COMMUNIANTE et dire STOP.

ON PEUT ETRE HOMME Et dire STOP.

 

Le droit au stop existe, et surtout....on ne se dit pas stop à soi-même, genre:

 "- Oh mais c'est moi qui exagère...."

Non, Non.

Et même si on exagère, vous savez quoi: on peut quand même DIRE stop.

What the hell?

PS: et...attendez les excuses. D'un pied, pas tyrannique, mais ferme. Ferme dans votre coeur - pas dans votre rigidité et vos principes, mais votre justesse ;-)

 

2ème PS: dire non, dire tout court, n'est jamais aisé. Attendez-vous à plonger dans ses sentiments étranges, après l'avoir fait: peur du vide, de l'abandon, peur du jugement, des retombées, du qu'en dira-t-on, de perdre quelqu'un etc

Et...à avoir déclenché toutes vos manies "qui vous font taire", en temps normal: fumer, boulimie et autres...

Observez, ça n'est qu'une réaction.

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