Espoir

Publié le par Lili Bernard

Aujourd'hui, j'aimerais vous dire ceci: il y a un espoir.

Un espoir de?

De voir les choses différemment.

Vous savez tous ces petits mots, proverbes qu'on lit, qui disent qu'on doit profiter du moment? Et bien, ça: ça existe.

Ce que je suis en train de dire, c'est qu'on peut être: au chômage, triste et seul, rejeté, abandonné, mais vivant.

Ce que je suis en train de dire, c'est qu'on peut : s'aimer.

Ce ne sont pas les autres qui définissent ça, ni vos parents, ni vos ex, ni votre patron, collègues, ni même vos enfants.

S'aimer, ça vient de soi, et on peut tous le faire (j'ai envie d'ajouter "si on croit en Dieu", et d'ailleurs, je crois que je vais le faire). On peut le faire, si on croit en Dieu.

Si l'on croit en la divinité en nous.

Pensez à ceci: un accouchement bien passé est un miracle, chaque maman / papa le dira; une remise de diplôme après des efforts soutenus pour avoir ses examens, en est un autre; regarder le soleil se coucher, avec ou sans son compagnon; Sourire (avez-vous déjà senti le pouvoir de sourire? Vous êtes-vous déjà senti sourire? Un sourire peut illuminer l'environnement en une micro-seconde); entendre la voix de quelqu'un; se lever, une seule fois, et ne pas sentir l'angoisse; avoir eu cette personne dans la rue, ou à la caisse, qui a vous a pris en compte, une autre micro-seconde, le temps de vous saluer.

ça en fait des petits et gros miracles, non? Le miracle du moment, ça s'appelle.C'est moi qui vient d'inventer l'expression. Je vais la breveter.

Et la joie, vous la sentez? Cette gratitude mêlée de soulagement, mêlé de sentiments de récompense.

Cette joie existe envers et contre tous.

Et si elle n'est pas dans votre présent, alors elle est dans votre passé. Et si elle est dans votre passé, ça veut dire que vous êtes capable de la générer, et qu'elle est encore là, tamisée en vous, et prête à ré-émerger.

Personne ne peut vous enlever ça.

Juste une chose, essayez: vous êtes au chômage donc, sans alloc (sinon, ce ne serait pas complet), et puis disons sans aide aucune, et vous avez ce loyer à payer, et...voyons...vous étiez sûrs d'avoir cet entretien, et bing, encore raté. (Je sens que je ne fais pas le tour du pire, mais c'est un bon début). Ajoutons quand même: vous vous sentez si seul.

Mais d'un seul coup, dans le bus, chez vous, à la radio, dans un magasin, vous entendez cette bonne vieille musique: celle du bon temps. Jean-Jacques Goldman, the Eagles. Et d'un seul coup, vous êtes " là-bas" ;-);

Vous êtes au moment de cette musique. Cette musique est en vous, comme si rien n'avez changé. Vous êtes unité. Vous pourriez même danser si vous vouliez.

La joie est en vous, et le temps est suspendu, mais...pas tant que ça.

Mesurez maintenant l'impact de cette musique sur l'heure qui suit. Énorme, au vu de ce que vous êtes en train de vivre.

Êtes-vous isolés quand vous entendez cette musique? Non.

Êtes-vous avec quelqu'un? Non. Apparemment.La joie vient bien de vous, de votre mémoire, de ce que vous avez vécu?

En réalité, à ce moment, vous êtes avec quelqu'un.

Vous êtes avec vous-même.

Vous qui avez montré le pire de vous-même aux autres, à vous; vous qui vous êtes déçu, vous qui en "êtes arrivés là", vous qui avez perdu le fil, vous que l'on n'a pas entendu/ écouté, vous! Vous êtes bien là, heureux, au creux de ce souvenir (et pas si ratés que ça finalement).

Donc quoique puisse vous faire penser le chômage, la société, l'extérieur... vous n'êtes pas seul, et sans valeur: Vous êtes avec vous-même, et vous êtes générateur de joie.

Excuse-me, mais c'est pas rien. Et je n'invente rien. C'est une réalité. En vous, il y a de la joie, que personne ne peut vous enlever, même si ça fait longtemps que vous n'êtes plus en contact avec elle. Un jour, ça reviendra. Il faut y croire.

Publié dans Dépression

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