C'est long

Publié le par Lili Bernard

A avoir toutes ces journées vides, il faut trouver quelque chose. Quelque chose.

Quelque chose qui enlève l'angoisse du vide. Alors que faire quand on n'est pas naturellement une personne qui se laisse aller, ou se fout en l'air avec des choses pas bonnes pour elles?

Je revois ma soeur, tellement accroc à la télé. "-Ça volait pas haut", me disais-je. En fait, je ne me le disais pas, mais quelque chose en moi pensait: "- There must be more to it, than just that".

And there is. But what if you don't know the way?

I still can't see clearly the way.

Je revois mon père qui cherchait tous les matins son horsoscope, sans même en comprendre toute la vraie partie attachante et intéressante, constructive, mais seulement l'espoir que la réponse, la bonne nouvelle allait enfin arriver.

Moi aussi, j'attends. Mais quoi?

Qu'est-ce que j'attends? Un travail? Come on! A d'autres! Quel travail? Quel travail pourrait me convenir, encore, maintenant, maintenant que j'ai ce regard si aiguisé sur le monde?

C'est long, et on est vulnérable.Le moindre petit changement peut nous affecter. La série que l'on regarde à la télé. Ma sœur était paniquée quand il y avait un changement du temps qui risquait de l'empêchait de voir sa série le soir.

Et je ne vois toujours pas d'élan "national" pour soutenir les gens comme ça. Les gens qui attendent. Tous dans le même panier! Tous des branleurs! (et des menteurs). S'ils n'ont pas de travail, c'est qu'ils l'ont bien voulu!

Oui...si on veut. Rien de moins sûr.

Ma recherche d'emploi a commencé en 2003. Oh oui, bien sûr, j'ai trouvé entre temps. Mais si je n'étais pas heureuse, fallait-il rester? Faut-il rester au risque de se détruire, puis de détruire les autres, à la suite.

Pas de jugement, s'il vous plait. Pas avant de savoir.

Le chômage est douloureux, pas la peine d'en rajouter avec nos comparaisons et nos jugements de valeurs. Au contraire, ouvrons à fond votre cœur, et notre empathie.

Voilà bien ce que le chômage m'apprend à grand coups de coups...durs.Ne pas juger.

Diantre que j'ai jugé. Surtout mes proches. Et diantre que ça m'a fait souffrir qu'on me juge.

Ne pas juger.

Un jour, un mec m'a dit: "- Mais comment fais-tu si tu ne juges pas?".

"Juger"? Mais qui juge, bordel, à part Dieu? Et encore, même quand c'est lui, je trouve que ça craint, que c'est un peu trash, mais ne peut que me soumettre et attendre.

Ecouter. Ouvrir. Ne pas oublier que l'autre est humain, et le remettre à la justice (oui, la justice merde parfois. Récemment encore, c'est passé comme une lettre à la poste, mais un mec qui aurait du être condamné pour mœurs immorales s'en est tiré avec un sourire narquois, alors que ça aurait été l'occasion au contraire, d'approfondir la notion de "où commence et où finit la liberté de l'autre". A-t-on le droit de faire mal parce-que l'autre ne dit pas non? NB: Non, connard).

Ne pas juger.

Là est ma limite dans le non-jugement: je n'accepte pas ceux qui font mal.

Mais quelle digression.... On voit que mon humeur nage dans la grisaille.

Sensible, donc, à son entourage, quand tout est si long, si vide, si GFJTKYTUJYGBNHGBNH Quand est-ce que ça s'arrête?

Et en même temps, quand ça va s'arrêter, serai-je prête?

Publié dans Chômage

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